22.11.2011
Des instants volés sur le temps.
Le travail de la Française Hélène de Roux s'inscrit dans la tradition des photographes humanistes qui sillonnent la terre en témoins attentifs de leur époque. Portant avec empathie son regard sur les gens et les lieux, elle fait moisson d'images à la fois belles et tissées d'émotions.
Au fil de ses pérégrinations et Leica en bandoulière, elle capte de petits instants précieux parce que fugaces, des portraits, des moments intimes, des lieux qui, même s'ils sont déserts, évoquent toujours l'homme et portent la trace du vécu en contant des bribes d'histoire au quotidien.
Mais le regard d'Hélène de Roux est aussi celui d'une esthète qui a un sens affiné du cadrage et des perspectives. Ses images en noir et blanc, épurées, sont nimbées de poésie, magnifiées par de subtils jeux d'ombre et de lumière et de dégradés.
Avec un certain humour, cette photographe a également le don de saisir au vol des aspects incongrus ou cocasses qui, en se télescopant avec leur entourage, confèrent à sa photographie une allure presque surréaliste. Comme sur cette étonnante «Place de la Concorde» évoquant l'univers de Magritte, où des statues qui vont être livrées au Louvre attendent près de l'obélisque, sous un ciel nuageux.
«By the way», l'actuelle exposition d'Hélène de Roux à l'AD- Galerie de Genolier nous fait voyager de Lisbonne à Paris, de Cuba à Sydney, d'Espagne à San Francisco. Un tour du monde en images pour conter un reflet dans une flaque d'eau, un âne résigné et immobile attendant au soleil de Taroudant, une humble ruelle où trottinent des nonnes tout de blanc vêtues, une magnifique vieille dame dont la peau ridée se lit comme une écriture. La vie comme elle va, vue par une artiste humaniste. FRANÇOISE GENTINETTA
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02.11.2011
"Le Feu Intérieur" Hélène de Roux
Il ne saurait exister d'art, et a fortiori de photographie, sans que l'artiste possède au fond de lui le feu sacré. Le feu intérieur. Cette espèce d'exaltation permanente qui lui accorde d'obtenir l'énergie nécessaire à la réalisation d'une vie toute entière tournée vers la création. Cette ardeur qui ne s'achète ni ne se transmet, dont le rayonnement nous enveloppe, de toute évidence, dès le premier regard posé sur les images de cet ouvrage.
La photographie reproduite au fil de ces pages se nourrit d'abord et avant tout de cet embrasement perpétuel. Il y frémit une ardente passion pour les beautés du monde, pour tout ce qui témoigne de la condition humaine. Un enthousiasme incandescent qui évoque avec chaleur notre époque, sous toutes les latitudes.
Les images glanées avec infiniment de patience par Hélène de Roux, photographe au demeurant très peu prolixe, et dont il convient de souligner qu'elle ne se cantonne pas dans un genre unique, confortable et définitif, mais s'applique au contraire à développer un regard tous azimuts, prennent le pouls du monde, mine de rien, sans en rajouter plus que de mesure, avec une sorte de distanciation indulgente, celle d'un témoin conquis par ce qu'il observe. Se révèle dans ses photographies sa volonté d'être en osmose avec les êtres, le décor, l'atmosphère.
A bien y regarder, en filigrane, derrière chacune des images se devinent la flamme qui anime son âme de créatrice. Là, le flamboiement harmonieux de l'Opéra de Sydney, la malice pleine de chaude indulgence de la cubaine accoudée à sa fenêtre. Ici, le soleil brûlant qui inonde une petite route africaine, la courbe lumineuse d'une rue de San Francisco. Les photographies sont prises à main levée, sans pied, sans fioritures, et gardent de fait fraîcheur et spontanéité. Il s'agit de donner à voir, de témoigner de la poésie aux multiples visages du paysage comme de la société, des complexes visions qu'ils offrent à qui sait voir, presque de communier avec eux. Il s'agit de s'astreindre à un résultat parfaitement abouti, pour lequel la lumière met en exergue les perspectives, où les contrastes donnent un éclairage inédit au sujet. Il s'agit pour elle, à chaque cliché, de dire juste.
Le regard d'Hélène de Roux s'exonère cependant de toute volonté simplement plastique. Dans chaque photographie se dévoile aussi une histoire, à chaque fois différente. Chaque image se lit comme un petit roman qu'il convient d'aborder avec un œil vierge, afin de mieux en savourer la trame.
Oui, d'un côté, la lumière, les ombres, les lignes, le cadrage, et donc la tentation pour le spectateur de cette photographie si personnelle de se perdre dans la pureté des scènes immortalisées par Hélène de Roux. Mais de l'autre, cette facette narrative, le souci du vécu, de ce que suggèrent certaines attitudes, certains détails, un objet, une ombre, l'inclinaison d'un corps, un geste.
Cette femme qui porte sa gourde d'eau pour la journée et qui avance lentement sous le soleil accablant du Maroc. Cette maison portugaise dans la flaque d'eau d'une rue de pavés disjoints, qui semble se replier sur un passé mystérieux. Chaque image raconte une vie, ou plusieurs vies, une histoire, ou plusieurs histoires.
Aucun pathos, nulle volonté de présenter une réalité avilie, nulle volonté d'en faire des tonnes, comme malheureusement trop de ses contemporains s'y résolvent parfois, sombrant dans un réalisme facile et pour tout dire bien souvent artificiel, duquel toute poésie a disparu, au contraire de l'œuvre d'Hélène de Roux. La simple volonté de ne pas trahir l'atmosphère d'un instant qu'elle souhaite mémorable. A chaque photographie, l'émotion fugace d'une petite seconde d'éternité...
De ce feu intérieur qui la nourrit et lui offre de mener désormais une œuvre aussi variée et ambitieuse, Hélène de Roux puise l'ardeur nécessaire à la réalisation d'une image qui échappe à toute considération mercantile, jouant de sa liberté avec détermination, pour témoigner encore et encore de ce que son œil perçoit, et qu'il nous est aujourd'hui si attrayant de contempler...
Ludovic Duhamel
Rédacteur en chef Miroir de l'Art
Exposition: AD-Galerie
"By the Way" 6/11 - 3/12/2011
Sur les tirages argentiques, ressortent le tracé impeccable des lignes, la profondeur des matières, le mystère des perspectives, les jeux entre ombres et lumières, entre opacité et transparence. Très structurées, les photographies traduisent la réalité d’un monde saisi tel quel, avec ses contradictions et ses imperfections.
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01.11.2011
Hélène de Roux "By the Way"
Le feu intérieur
Il ne saurait exister d’art, et a fortiori de photographie, sans que l’artiste possède au fond de lui le feu sacré. Le feu intérieur. Cette espèce d’exaltation permanente qui lui accorde d’obtenir l’énergie nécessaire à la réalisation d’une vie toute entière tournée vers la création. Cette ardeur qui ne s’achète ni ne se transmet, dont le rayonnement nous enveloppe, de toute évidence, dès le premier regard posé sur les images de cet ouvrage.
La photographie reproduite au fil de ces pages se nourrit d’abord et avant tout de cet embrasement perpétuel. Il y frémit une ardente passion pour les beautés du monde, pour tout ce qui témoigne de la condition humaine. Un enthousiasme incandescent qui évoque avec chaleur notre époque, sous toutes les latitudes.
Les images glanées avec infiniment de patience par Hélène de Roux, photographe au demeurant très peu prolixe, et dont il convient de souligner qu’elle ne se cantonne pas dans un genre unique, confortable et définitif, mais s’applique au contraire à développer un regard tous azimuts, prennent le pouls du monde, mine de rien, sans en rajouter plus que de mesure, avec une sorte de distanciation indulgente, celle d’un témoin conquis par ce qu’il observe. Se révèle dans ses photographies sa volonté d’être en osmose avec les êtres, le décor, l’atmosphère.
A bien y regarder, en filigrane, derrière chacune des images se devinent la flamme qui anime son âme de créatrice. Là, le flamboiement harmonieux de l’Opéra de Sydney, la malice pleine de chaude indulgence de la cubaine accoudée à sa fenêtre. Ici, le soleil brûlant qui inonde une petite route africaine, la courbe lumineuse d’une rue de San Francisco. Les photographies sont prises à main levée, sans pied, sans fioritures, et gardent de fait fraîcheur et spontanéité. Il s’agit de donner à voir, de témoigner de la poésie aux multiples visages du paysage comme de la société, des complexes visions qu’ils offrent à qui sait voir, presque de communier avec eux. Il s’agit de s’astreindre à un résultat parfaitement abouti, pour lequel la lumière met en exergue les perspectives, où les contrastes donnent un éclairage inédit au sujet. Il s’agit pour elle, à chaque cliché, de dire juste.
Le regard d’Hélène de Roux s’exonère cependant de toute volonté simplement plastique. Dans chaque photographie se dévoile aussi une histoire, à chaque fois différente. Chaque image se lit comme un petit roman qu’il convient d’aborder avec un œil vierge, afin de mieux en savourer la trame.
Oui, d’un côté, la lumière, les ombres, les lignes, le cadrage, et donc la tentation pour le spectateur de cette photographie si personnelle de se perdre dans la pureté des scènes immortalisées par Hélène de Roux. Mais de l’autre, cette facette narrative, le souci du vécu, de ce que suggèrent certaines attitudes, certains détails, un objet, une ombre, l’inclinaison d’un corps, un geste.
Cette femme qui porte sa gourde d’eau pour la journée et qui avance lentement sous le soleil accablant du Maroc. Cette maison portugaise dans la flaque d’eau d’une rue de pavés disjoints, qui semble se replier sur un passé mystérieux. Chaque image raconte une vie, ou plusieurs vies, une histoire, ou plusieurs histoires.
Aucun pathos, nulle volonté de présenter une réalité avilie, nulle volonté d’en faire des tonnes, comme malheureusement trop de ses contemporains s’y résolvent parfois, sombrant dans un réalisme facile et pour tout dire bien souvent artificiel, duquel toute poésie a disparu, au contraire de l’œuvre d’Hélène de Roux. La simple volonté de ne pas trahir l’atmosphère d’un instant qu’elle souhaite mémorable. A chaque photographie, l’émotion fugace d’une petite seconde d’éternité…
De ce feu intérieur qui la nourrit et lui offre de mener désormais une œuvre aussi variée et ambitieuse, Hélène de Roux puise l’ardeur nécessaire à la réalisation d’une image qui échappe à toute considération mercantile, jouant de sa liberté avec détermination, pour témoigner encore et encore de ce que son œil perçoit, et qu’il nous est aujourd’hui si attrayant de contempler…
Ludovic Duhamel
Rédacteur en chef Miroir de l'Art
15:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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